
Production mondiale de viande :
1950: 44 mio. de tonnes
1990: 170 mio. de tonnes
1994: 194 mio. de tonnes
1997: 210 mio. de tonnes
1999: 217 mio. de tonnes
2002: 242 mio. de tonnes
2003: 253 mio. de tonnes
2004: 258 mio. de tonnes
La production mondiale de viande augmente
Bien que la consommation de viande dans les pays industrialisés soit en diminution depuis plusieurs années, la consommation mondiale est, quant à elle, en augmentation.
En 2003, au niveau mondial, 253 millions de tonnes de viande ont été produites. Depuis 1970 la production de viande a plus que doublé. Chaque année en Suisse on en produit 600000 tonnes. Il en résulte des conséquences écologiques importantes au niveau mondial qui nont malheureusement suscité que trop peu dattention jusquà présent.
Gaspillage des sols
Pour produire un kilo de viande, il serait possible dans un même laps de temps et pour une même surface de sol de cultiver 200 kg de tomates ou 160 kg de pommes de terre. En Suisse, approximativement 67% des terres cultivables sont utilisées pour élever du bétail et pour cultiver des céréales destinées à sa nourriture. Ces chiffres correspondent à la moyenne mondiale.
Surfaces de sol nécessaires pour la production dun kilo de: Buf, y compris le
Fourrage 323 m2
Buf de pâturage 269 m2
Poisson 207 m2
Cochon 55 m2
Poulet dengraissement 53 m2
ufs 44 m2
Riz 17 m2
Pâtes 17 m2
Pain 16 m2
Légumes/ Pommes de terre 6 m2
Source: WWF Suisse
Aux Etats-Unis 230000 km2 sont nécessaires à la production de fourrage pour les animaux de rente, alors que seulement 16000 km2 (=7%) le sont pour produire des aliments végétaux.
Le gaspillage considérable des sols pour la production de viande porte aussi préjudice à la forêt tropicale: En Amérique centrale, en 40 ans, 40% de la forêt tropicale totale a été défrichée ou brûlée principalement pour faire place à des pâturages ou à la culture de fourrage pour les animaux !
Avec la quantité d`eau nécessaire pour produire 1kg de viande on pourrait se doucher quotidiennement pendant un an.
Consommation en eau
Les guerres du futur ne seront plus menées pour le pétrole mais pour l`eau. Un ménage moyen n`utilise pour sa boisson quentre 2 et 5 litres d`eau potable par jour et entre 100 et 500 litres à d`autres fins (douche, lessive, etc.). Ces chiffres sont négligeables comparés aux 2000 à 5000 litres d`eau nécessaires à la préparation des aliments d`une famille moyenne.
Les populations les plus pauvres souffrent tout particulièrement en raison de l`énorme quantité deau nécessaire pour produire de la viande.
Dans la lutte contre la faim dans le monde, il n`est souvent question que des besoins alimentaires, alors que la quantité deau indispensable pour la production de ces aliments nest pas prise en compte.
Une conférence sur l`eau s`est récemment tenue à Stockholm, avec pour objectif exclusif l`utilisation de l`eau par les humains. Des résultats intéressants y ont été mis à jour: Si une famille absorbe quotidiennement entre 2000 et 5000 litres deau par jour pour sa nourriture, cette quantité dépend largement de son type d`alimentation.
En moyenne, par an et par personne, c`est environ 1200 m3 qui sont consacrés à la production daliments.
Dans les régions du monde les plus pauvres qui arrivent à peine à produire de la viande, cette valeur est estimée par an à 600 m3. A l`opposé, dans les régions où la consommation de viande est le plus élevée (Etats-Unis, Europe), ce sont 1800 m3 par an et par personne qui sont nécessaires.
Une comparaison directe souligne encore davantage l`impact de la consommation de viande. Dans une alimentation suffisante, composée de 80% d`aliments végétaux et 20% de produits animaux (dans les pays industrialisés, la quantité de produits animaux est actuellement entre 30 et 35%) la quantité d`eau utilisée est actuellement de 1300 m3 par an, alors qu`avec une alimentation végétarienne cette quantité diminue de près de moitié.
En raison de la consommation croissante de produits animaux, il y a un besoin d`eau de plus en plus grand dans l`agriculture au niveau mondial.
En Inde, dans de nombreuses régions, l`eau doit être pompée à une profondeur de plus de mille mètres. Il y a encore une génération, les paysans creusaient à la main pour atteindre des sources destinées à l`irrigation. Aujourdhui, 95% des petites installations de pompage sont à sec. Il en va de même dans d`autres pays asiatiques.
De plus en plus de céréales et légumineuses sont destinées à nourrir les animaux de boucherie.
Gaspillage de nourriture
7 à 16 kg de graines de soja sont nécessaires pour produire 1 kg de viande. Voilà bien la manière la plus efficace de gaspiller la nourriture!
Cette extension artificielle de la chaîne alimentaire due à la transformation de céréales en viande entraîne une perte de 90% des protéines, 99% des hydrates de carbone et 100% des fibres.
En plus, seule une petite part du corps de lanimal abattu est utilisée pour produire la viande consommée: 35% du poids dun bovin adulte, 39% dun veau (sans les os).
En Suisse, 57% des cultures sont destinées à la nourriture des animaux (en 1990).
Aux Etats-Unis, cette proportion sélève à 80% (pour nourrir 8 milliards danimaux dits de boucherie).
90% du soja est utilisé pour nourrir le bétail au niveau mondial.
A peu près la moitié des céréales produites mondialement est destinée à nourrir les animaux pour la production de viande.
Si les Américains consommaient 10% de viande en moins, la quantité de céréales économisée pourrait nourrir 1 milliard de personnes souffrant de la faim.
Environ 1700000 tonnes de nourriture concentrée est distribuée au bétail en Suisse, des céréales pour la plupart. La Suisse peut se permettre un tel gaspillage, ce qui nest pas le cas des pays en développement: la FAO rapporte quen 1981, 75% des céréales en provenance des pays en développement ont été utilisées comme aliments pour les animaux délevage.
Mais les cultures indigènes sont également en compétition avec les cultures mondiales pour le bétail: En Egypte, durant les 25 dernières années, les cultures de maïs comme fourrage ont remplacé en partie les cultures de blé et de millet qui constituent de la nourriture de base pour humains!
La part des cultures destinées à la nourriture animale est passée de 10% à 36%.
Le même phénomène sest produit dans les autres pays qui ont augmenté leur consommation de viande.
Dans les années 1950 à Taïwan 170 kg de céréales par tête dhabitant étaient nécessaires pour nourrir la population. En 1990, la consommation de viande et dufs a été multipliée par six. En conséquence, le besoin en céréales est passé à 390 kg à cause de lextension de la chaîne alimentaire. Taïwan ne peut satisfaire cette demande croissante quen important des céréales, malgré une hausse des récoltes indigènes. Alors quen 1950 Taïwan était exportateur de céréales, en 1990 il est importateur de 74% pour les besoins de nourriture du bétail.
La même situation est constatée dans lex-URSS: la consommation de viande a triplé depuis 1950 et la demande de céréales pour les animaux a quadruplé.
En 1990 le bétail en ex-URSS a consommé trois fois plus de céréales que les être humains.
Les importations de céréales comme nourriture pour animaux sont passées de zéro en 1970 à 25 millions de tonnes en 1990.
Les pays de lex-URSS sont devenus les deuxièmes importateurs mondiaux de céréales pour animaux.
Le purin: une cause de la mort des forêts
De nombreuses plaintes sont émises à propos de la puanteur émanant des matières fécales provenant des étables. Et pourtant les conséquences écologiques de ces matières sont encore bien plus graves !
Les dernières recherches scientifiques montrent clairement que les élevages massifs danimaux pour la boucherie et la production de lait constituent une des principales causes de la mort des forêts.
Le biologiste Dr. Hans Mohr affirme dans «Spektrum der Wissenschaft» de janvier 1994: «Après 10 ans de recherche sur les causes de la mort des forêts, il est apparu quun des facteurs responsables est la quantité excessive de nitrates, particulièrement dammonium17, dans latmosphère. Il est donc prioritaire den réduire la quantité dans les activités agricoles. [ ] Un problème crucial est le traitement des quantités croissantes dexcréments animaux et humains.»
Les émissions d`ammoniac résultant de l`agriculture sont dues pour 90% au purin et au fumier.
De nos jours, les excréments humains sont traités pour la plupart dans des usines dépuration. Par contre les déjections danimaux sont toujours épandues sur les champs.
Lazote (N), disséminé sous forme dammoniac (NH3), responsable en grande partie de la mort des forêts, est causé pour 85% par les excréments du bétail.
Lazote, qui est le principal nutriment pour les prairies, les forêts et la vie aquatique, peut mener à une sur-fertilisation sil est présent en excès. Ce phénomène a hélas été constaté trop tard. En effet, les forêts ont dabord poussé plus rapidement avec le surplus dazote, puis ont commencé à dépérir lorsque le sol est devenu saturé.
En 1992, le comité de recherche du gouvernement allemand chargé détudier la préservation du climat est parvenu aux mêmes conclusions. Sur le sujet des émissions dammoniac, il a publié un rapport: «Les changements climatiques menacent le développement national»:
«Les émissions de NH3 sont dues pour 90% à lagriculture et pour 80% au bétail, et ce tant pour lAllemagne que pour les pays de lEurope de louest et même globalement.
528000 tonnes dammoniac sont émises chaque année en Allemagne, on en trouve dans les élevages, sur les champs et dans le stock de fertilisants organiques. [ ]
Les quantités dammonium et dazote rejetées pourraient être réduites en diminuant le nombre danimaux de boucherie, en changeant le mode dalimentation, et en diminuant lépandage de purin. [ ] Cest non seulement souhaitable dun point de vue écologique, mais également dun point de vue économique.»
Les poussières fines dues à la détention des animaux
Lammoniac contenu dans les excréments animaux na pas seulement des conséquences néfastes sur les pluies acides. Lammoniac génère aussi des émanations secondaires dans latmosphère sous forme de poussières fines (PM10) affectant la santé de lhumanité.
La direction de lOffice fédéral de lEnvironnement, des Forêts et du Paysage (OFEFP) estime le taux de mortalité à 3700 personnes par an due à la quantité de poussières fines. En outre les coûts de la santé dus à ce problème sélèveraient à 4,2 milliards de francs par an. Malgré cette lourde charge, il nest jamais question dans le cadre de la lutte contre les poussières fines du rôle joué par la détention des animaux. Comme preuve quil est difficile pour les politiques daborder ce problème on peut citer la réaction de Monsieur Moritz Leuenberger, président de la Fédération suisse, lors de sa conférence de presse du 2 février 2006 sur le thème des poussières fines. A la question posée sur le lien entre lagriculture et les poussières fines, il sest contenté de répondre: «Un sujet délicat.»
Pollution des eaux
Aux Etats-Unis la pollution due aux excréments provenant des fabriques d`animaux est 130 fois plus élevée que celle provoquée par les humains.
Lammoniac na pas seulement des conséquences néfastes sur les forêts et lair, mais aussi sur leau. La sur-fertilisation cause la prolifération excessive dalgues, qui à leur tour absorbent loxygène de leau.
Les élevages intensifs danimaux, qui sont indépendants du sol, produisent de telles quantités de purin que les eaux souterraines sont sérieusement menacées. Par exemple les lacs de Sempach et de Baldegg en Suisse sont oxygénés artificiellement par dénormes pompes.
Environ 50% de la pollution des eaux en Europe est due aux élevages intensifs danimaux.
Les nitrates issus de lagriculture ont pénétré si profondément dans le sol que certaines marques deaux minérales ne répondent plus aux normes de qualité exigées pour leau potable.
Aux Etats-Unis la part de la pollution des eaux due à lagriculture est plus importante que celle due à toutes les villes et industries réunies!
Excès dacidification des sols
Lammoniac et loxyde dazote sont en grande partie responsables de la sur-acidification des sols. Ce phénomène a pris une telle ampleur quaux Pays-Bas, en 1989 déjà, les autorités se sont préoccupées du problème. Voici les résultats de lInstitut néerlandais pour la santé et la protection de lenvironnement: «Les nitrates qui proviennent du purin diffusent de lammoniac dans lair et empoisonnent lenvironnement. Ils causent les pluies acides et autres dépôts contenant des acides. En Hollande, la plupart des précipitations émanent des gaz dammonium provenant des élevages de bovins: elles causent plus de dommages au pays que les automobiles et les industries».
Depuis 1970, plus de 20 millions d`hectares de forêts tropicales ont été détruits pour faire place aux pâturages pour l`élevage de bovins. (Worldwatch Institute)
Les pâturages pour le bétail occupent déjà un tiers du territoire de la planète.
Effet de serre
Jusquà présent ce sont principalement le trafic automobile et lindustrie qui ont été rendus responsables de leffet de serre. Linfluence dune agriculture basée sur les élevages intensifs danimaux a été négligée.
Ernst U. von Weizsäcker, chef de lInstitut Wuppertal pour le climat, commente: «Limpact de lélevage de bovins sur leffet de serre est le même que celui du trafic automobile si lon considère les effets de la déforestation pour la transformation en pâturages pour les bovins délevage. [ ] La transformation de savanes en déserts, lérosion des montagnes, les besoins gigantesques en eau pour les élevages de bovins, ainsi que lénorme quantité dénergie nécessaire à lengraissement des animaux sont les conséquences désastreuses de notre appétit pour la viande!»
Leffet de serre est causé entre autres par trois gaz: le méthane, le dioxyde de carbone et loxyde dazote. Tous les trois proviennent des méthodes délevage de masse du bétail. 12% des émissions de méthane sont dues au 1,3 milliard de bovins vivant en permanence dans le monde.
Lélevage du bétail produit 115 millions de tonnes (115000000000 kg) de gaz de méthane annuellement. Leffet est dautant plus désastreux que lon sait quune molécule de méthane contribue 25 fois plus à leffet de serre quune molécule de dioxyde de carbone.
Les quantités de lait exigées des vaches laitières impliquent la nécessité de leur donner des médicaments contre les inflammations des pis. Les résidus de ces médicaments se répandent ensuite dans lenvironnement.
Antibiotiques et hormones
Outre les conséquences écologiques de la production de viande déjà mentionnées ci-dessus, un autre aspect est encore négligé. Aujourdhui, par une méthode délevage, des conditions de détention artificielles et un système de nourrissage inadaptés à leur espèce, les animaux dits de rente sont de plus en plus malades. Aujourdhui, dans beaucoup de pays, donner des antibiotiques à titre préventif chez des animaux sains est interdit. Cette interdiction a été rendue nécessaire, car administrer des antibiotiques, en plus de certaines hormones, comme partie dune pratique fréquente pour lengraissement, ont fait lobjet dun mauvais usage. Mais donner des antibiotiques aux animaux malades reste autorisé comme précédemment.
La promiscuité actuelle dans les élevages des animaux de rente a mené à généraliser les traitements aux antibiotiques. Bien quen Suisse les traitements à titre préventif dantibiotiques aux animaux sains soient interdits depuis 1999, une étude effectuée en 2004 a mis en évidence que 90% des veaux suisses étaient traités aux antibiotiques.
Chez les vaches laitières, administrer des antibiotiques est aussi très fréquent, en raison de la sollicitation importante des pis des vaches laitières produisant de grandes quantités de lait et lextrême fragilité de leurs mamelles, et par conséquent de fréquentes infections (Mastites).
Cest pourquoi, dans les produits animaux destinés à lalimentation humaine, il y a eu des retards importants à la limitation des quantités dantibiotiques.
En avril 2005, une étude a été publiée par le Ministère allemand pour la protection des consommateurs, signalant pour la première fois la présence dantibiotiques également dans les plantes alimentaires (céréales). Par les excréments des animaux traités aux antibiotiques, ces produits médicamenteux se sont ainsi disséminés dans lécosystème.
Bien que les valeurs mesurées soient en dessous du seuil de tolérance pour lalimentation humaine, la permanence de telles petites quantités dantibiotiques a entraîné une résistance à certaines bactéries, avec comme effet que les antibiotiques incriminés ont peu à peu perdu de leur utilité première. Cest aussi pourquoi des médicaments toujours plus forts ont été développé, qui à leur tour, se répandent dans lenvironnement et menacent toujours plus sérieusement léquilibre de lécosystème.
Tous les médicaments et hormones (par exemple, aux USA où ils sont largement utilisés afin daugmenter le rendement de la production de lait et de viande), administrés aux animaux, atterrissent tôt ou tard dans la viande, le lait et les ufs; ensuite, les matières fécales se répandent à leur tour dans lenvironnement et aggravent encore la détérioration écologique.
Les conséquences à long terme de ces pratiques ne sont pas encore évidentes et demeurent peu visibles.
Même la viande des animaux marins ne présente aucune sécurité pour la consommation des humains.
Les poissons comme échappatoire?
Le temps des petits bateaux de pêche sont depuis longtemps révolus. Aujourdhui, la pêche se fait au moyen de filets longs de plusieurs kilomètres.
Etant donné la mise en péril de lexistence des poissons due aux excès de la pêche, on a vu naître au cours des dernières années des fermes délevage. Et avec cela, les mêmes problèmes écologiques sont apparus tels décrits plus haut avec dautres sortes danimaux.
On peut citer lexemple suivant: Un saumon délevage denviron 4 kg ingurgite près de 400 gr dantibiotiques jusquà son abattage. Dans le même temps, il lui est inoculé des médicaments contre les maladies, résultant de lexiguïté des réservoirs et de la promiscuité régnant dans ces fermes. Le danger de contaminer les autres poissons était inévitable !
Comme les antibiotiques ainsi que les autres médicaments et produits chimiques sont directement administrés dans leau des fermes, ces produits pénètrent rapidement dans lécosystème.
Les saumons sauvages se reproduisent normalement plusieurs kilomètres en amont de leur lieu de vie habituel.
La détention de saumons dans les fermes délevage est si éloignée de leur vie naturelle que leur chair a perdu sa couleur rose (comme les consommateurs étaient habitués de la voir). Pour y remédier, les éleveurs ont cru bon de leur administrer en supplément des colorants artificiels. Pire encore, les maladies touchant les poissons délevage se sont aussi transmises à leurs congénères en liberté et ont contribué à menacer lexistence même des poissons sauvages.
La nourriture pour les poissons délevage provient elle-même, à nouveau, de la mer.
Pour obtenir un kilo de poisson délevage, deux kilos de poissons de mer sont nécessaires comme nourriture.
Des quantités similaires sont aussi utilisées pour ce que lon nomme «fruits de mer» comme les crabes, les crevettes etc. A côté de ce gaspillage, lexistence des poissons de mer est encore plus menacée par la capture de poissons servant à la préparation de farines qui atterrissent, dans une proportion de deux tiers, dans les mangeoires des animaux de boucherie terrestres.
En Europe, au cours des dernières années, toujours plus de crevettes de différents types et de crustacés sont consommés. Cette pratique a conduit nombre dexploitations à sinstaller en bord de mer, où se trouvaient auparavant dimportantes forêts de mangroves. Les forêts de mangroves ont une fonction écologique de la plus haute importante: Elles amortissent les raz-de-marée et atténuent leur violence.
Le tsunami de 2004 en Asie a causé dénormes ravages, car auparavant les forêts protectrices de mangroves avaient été détruites pour faire place aux fermes délevage.
Un exemple: A lorigine, il y avait aux Philippines plus de 500000 hectares de forêts de mangroves. Maintenant, il ny en a plus que 36000 hectares. Le reste (environ 93%) a été converti en exploitations de crabes alimentant le commerce mondial.
En plus des excès de la pêche en mer, les techniques de pêche sont devenues de plus en plus dures. Afin de pouvoir attraper les derniers poissons, une nouvelle technique de pêche par charge explosive a été utilisée, endommageant les récifs de corail tout comme le font les énormes filets dérivants déployés en mer. Outre les nombreuses autres répercussions écologiques, la détérioration des récifs de corail empêche ceux-ci datténuer les effets des vagues géantes.
Léconomie
Comment est-il possible que la consommation de viande augmente encore au niveau mondial, en dépit des conséquences dramatiques dune alimentation basée sur les produits animaux ?
Hormis quelques raisons dordre psychologique et social largement dues aux effets de la publicité (par exemple: la viande donne la force etc.), il est un aspect quil ne faut pas sous-estimer: largent.
A première vue, cela paraît être un non sens que dans des conditions normales, un secteur de léconomie qui provoque la destruction daliments et de ressources ne se soit pas déjà effondré. Les coûts de lindustrie mondiale de la viande ne sont plus depuis longtemps plus en rapport avec ses bénéfices.
Des coûts reportés sur les contribuables
Une des raisons pour lesquelles lindustrie de la viande se maintient est que si les revenus de ce commerce sont profitables à certains particuliers, les coûts en sont par contre reportés sur le public (donc sur les contribuables). Ce phénomène est bien connu pour dautres branches de léconomie, par exemple lindustrie de lautomobile. Il ny a pas de transparence dans les coûts dans lagriculture, qui ne sont pas répercutés sur les prix.
Selon les estimations faites par le réputé Institut Worldwatch de Washington, le prix de la viande devrait être doublé ou triplé si on prenait en considération les coûts incluant lutilisation de lénergie fossile, de leau de source, la pollution chimique du sol et lémission de gaz comme lammoniac et le méthane. Ceci sans prendre en compte les dépenses découlant des maladies causées par la consommation de produits animaux.
Une folie subventionnée
Bien que la plus grande partie des coûts de production de la viande soit imputée au public (=les contribuables), il ny a toujours pas assez dargent pour rendre la production de viande rentable économiquement. Alors des interventions supplémentaires (subventions) sont accordées afin que la production de viande soit attractive.
Lindustrie de la viande nest pas seulement soutenue au niveau national, mais également international: Depuis 1963 jusquà 1985, la Banque Mondiale a injecté 1,5 milliards de dollars dans lindustrie de la viande en Amérique latine, en grande partie pour financer les énormes élevages de bovins.
Extrait du site <http://www.vegetarismus.ch/info/foeko.htm>